Prière sur la vie (inspirée de Ignace de Loyola)

« La prière sur la vie » n’est pas une forme d'oraison, mais elle est certainement une aide pour la vie d'oraison. Elle ne consiste pas dans une sorte d'introspection sur sa vie1 mais c'est une forme de prière qui a pour but d’aider à discerner, avec le Seigneur, sa volonté au quotidien, et ainsi d’aider à devenir des êtres plus dociles aux inspirations de l’Esprit. C'est pourquoi elle est très favorable à toute une vie d’oraison (on l’appelle aussi « prière d’alliance » ou « révision de vie », « relecture de la vie »).

 

Principes pour le discernement « spirituel »

 

Le discernement « spirituel » n’est pas (ou pas seulement) un discernement « moral » (entre le bien et le mal), ni un discernement « psychologique » (ce qui se passe en moi)…

 

On est parfois obnubilé par un problème, mais le plus important dans le discernement spirituel n’est pas « la conclusion » à tirer après une sorte d’introspection de soi (même précédée et suivie par une petite prière !), mais « l’expérience spirituelle », c.-à-d. le mouvement de conversion au Seigneur auprès de Qui se trouvent la lumière et la force pour agir…

 

Quand ce mouvement est bien vécu, la « solution » apparaît en son temps comme un fruit mûr de la grâce et de notre liberté : « En dehors de moi, vous ne pouvez rien faire… » Le vrai et unique problème n’est pas telle question précise mais la docilité au Saint-Esprit

 

Chaque question de discernement est l’occasion d’une expérience pascale de mort à soi et de décision de vivre à la suite du Christ, en suppliant et en attendant la lumière et la force de son Esprit Ainsi, le discernement requiert d’une part, l’écoute de la Parole objective de Dieu avec la décision de la mettre en pratique et, d’autre part, la prière de demande pour reconnaître la venue de l’Esprit et agir sous son impulsion…

 

1) En ce qui concerne la Parole « objective » de Dieu, il convient d’accueillir ce que dit la Sainte Ecriture et la foi commune de l’Eglise, mais aussi la situation objective personnelle (par ex. la santé) et familiale, ecclésiale et mondaine, à propos de la question à discerner…2

 

2) En ce qui concerne l’action de l’Esprit, si profonde en nous, il faut recourir aux signes « en surface », connaître (autour de la question traitée) les mouvements « subjectifs » de notre sensibilité (joies, tristesses, peurs, colères…) mais ensuite, aller plus loin et reconnaître en quoi ils nous renseignent sur l’action de l’Esprit…

Pour les interpréter correctement (par ex. une joie ou une tristesse qui vient de Dieu ou non), il faut tenir compte des situations spirituelles qui ont précédé et suivi ces mouvements : l’enthousiasme dans la prière et le service du Seigneur (est-ce que la foi, la charité, la liberté… sont accrues ?) ou leur contraire…

 

Concrètement, le discernement, dans le temps, de l’action de l’Esprit est favorisé, au quotidien, par la pratique de la « prière sur la vie »…

 

Pratique de « la prière sur la vie »3

 

1) Nous demandons sa Lumière

Nous n’en restons pas à un regard naturel, introspectif, sur notre vie : nous voulons regarder Dieu à l'œuvre dans notre vie, avec son regard à Lui, et donc nous demandons avec foi le Saint-Esprit…

 

2) Nous rendons grâces à Dieu pour les dons reçus

« Rendez grâce en toute circonstance, car c'est la volonté de Dieu à votre égard dans le Christ Jésus. N'éteignez pas l'Esprit » (1 Th 5, 18-19). « En tout temps, à tout sujet, rendez grâce à Dieu le Père au nom de notre Seigneur Jésus-Christ » (Ep 5, 20).

 

3) Nous revoyons nos actes comme des réponses à Dieu

Ignace conseille de revoir d'abord nos pensées, puis nos paroles, puis nos actions, c.-à-d. d’aller de l'intérieur vers l'extérieur (ce que Dieu nous a demandé et ce qui est survenu en nous -pensées bonnes ou mauvaises-, puis nos paroles et nos actions) ; non seulement voir si nous posons de bonnes ou de mauvaises actions (discernement moral) mais, plus fondamentalement, chercher à voir quelles pensées nous guident habituellement dans nos actions (est-ce l’Esprit Saint qui me guide ?)…

 

4) Nous éprouvons une contrition réelle

Le cœur peut aller jusqu’à « se briser », avec des larmes, quand il voit ses fautes et dès lors permettre aussi à la miséricorde divine de s’y engouffrer !

 

5) Nous nous engageons dans une conversion concrète

Nous prenons une « résolution » (sur un point précis, non pas sur toute notre vie !) qui, dans la prière, émane de la lumière et de la force du Saint-Esprit… Alors nous décidons, avec l’aide de la grâce divine, d’enlever telle « pierre » qui, dans notre vie, empêche la « Source » de couler… Avec réalisme ( !), nous demandons, encore et toujours, l’aide de l’Esprit Saint…

1 Ambiguïté qui peut être entretenue par le sens qu’on met sous l’expression « examen de conscience »…

2 Il se peut que, déjà à ce niveau, il ne faille pas chercher plus loin le sens dans lequel l’Esprit nous conduit (du moins en ce qui concerne telle décision concrète à prendre) : cela ne demande pas un discernement « plus approfondi »…

3 Inspirée de saint Ignace, Exercices spirituels, n° 43.

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